Pour conclure...

 

Voici la conclusion d'Abdou Baragé, le seul étudiant du village, actuellement en licence de philosophie, et qui fut mon guide durant les quelques jours passés à Marake.

J'aime Maraké, j'aime ce village qui a vu naître mes grands-parents, mes frères, mes sœurs, bref ce que j'ai de plus cher dans ce monde. Je ne cesserai jamais d'être reconnaissant envers ses vaillants et sociables habitants, fiers d'être ce qu'ils sont. J'éprouve beaucoup de sympathie envers ses femmes (ma mère, mes tantes, mes sœurs, mes cousines, mes belles sœurs) qui n'ont de répit qu'à la tombée du jour. Quand je pense au mariage forcé, aux multiples et pénibles travaux qu'elles exécutent à longueur de journée, aux maternités rapprochées, aux grossesses avec un régime alimentaire inapproprié, aux répudiations sans motif dont elles sont victimes et quand je pense par ailleurs qu'il y a un ministère pour la promotion de la femme, des associations féminines, je ne peux que fléchir à l'évidence selon laquelle il y a un écart considérable entre la réalité et le discours, entre la situation réelle de ces femmes et ce que disent nos gouvernants et certaines intellectuelles relativement au bien être de la femme.

Comme la plupart des villages du Niger, mon village possède des potentialités à exploiter. Outre ses bras valides, il compte aujourdh'ui parmi ses richesses un important point d'eau qui vient de naître au cours de ces deux dernières années grâce à une pluviométrie particulièrement importante. Pour l'heure ce qu'il reste c'est le déclic initial, c'est à dire le moyen par lequel la population sera amenée à prendre conscience de l'importance de l'usage de la charrue et des cultures de contre saison, afin de remédier au véritable problème que connaissent tous les Sahéliens et qui se résume en un seul mot : la faim.

Cette idée est un projet qui me tient beauccoup à cœur et que je compte mettre en œuvre le moment venu. Deux choses emplissent mon cœur de joie au fur et à mesure que j'y pense : d'une part le forage qui permet à la population l'accès à l'eau potable et d'autre part la toute nouvelle école (en paillote) qui va bientôt ouvrir ses portes. Je souhaite de tout mon cœur que cette école ouvre la voie à l'épanouissement des habitants de Marake et qu'elle soit la lanterne qui éclairera leur chemin. J'aimerais surtout voir, grâce à la bienveillance de nos autorités, mon village doté d'un centre sanitaire qui évitera à ses habitants de parcourir des kilomètres pour aller se soigner. J'aimerais enfin voir les enfants vivre heureux et la condition de la femme améliorée.

Abdou

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