Espoirs...

La lutte est d'abord politique :

La démocratie repose sur des bases biens fragiles.

Certes, les élections de novembre 1999 se sont déroulées dans des conditions de totale transparence. Certes, le président élu dispose d'une solide majorité. Certes, l'espoir est grand dans la population.

Mais la classe politique est discréditée par son attitude pendant le gouvernement de transition. Mais les parlementaires sont peu à même de contrôler le pouvoir : ce sont pour la plupart des commerçants enrichis, sans culture politique. Mais les partis en compétition n'ont pas de programme : ce sont des machines d'intérêts.

Dans ces conditions, la démocratie repose surtout sur ceux qui l'ont imposée : les syndicats d'étudiants et de travailleurs. Mais ce n'est pas là leur rôle. Ce sont avant tout des organisations chargées de préserver ou de lutter pour leurs intérêts vitaux et immédiats. S'il leur arrive d'intervenir ponctuellement, ils restent des organisations apolitiques.

La solution à l'incurie de l'administration et des entreprises d'Etat qui se profile est celle du FMI. Face à la faiblesse du politique, la loi du marché arrive en force. Faute de gestion saine des finances publiques, le mot d'ordre est désétatisation.

Ci-contre, les étudiants en train de mimer le procès de ceux qui leur ont tiré desssus, lors de la soirée de commémoration du 9 février 1990.

 

 

 

 

 

 

 

 

La lutte est aussi le fait des associations et de l'aide au développement :

Les ONG sont très nombreuses à Niamey. Plus de 2000 à ce qu'on m'a dit. Elles font face à des besoins gigantesques, et ne peuvent que mener des actions ponctuelles. La tendance actuelle est d'ailleurs aux micro-projets. La plupart sont financées par des fons européens, mais un effort est fait vers l'autofinancement.

L'aide publique au développement est elle très faible. Le Niger est oublié des relations internationales. Pourtant chaque pays y va de son antenne de coopération, de ses quelques dons en nature ou en espèces. On voit ainsi beaucoup de véhicules circuler, avec marqué dessus "coopération Niger/Japon", ou Suisse, Allemagne, France, PNUD...

Faute de recherche et d'expérience approfondie, mais victime d'un certain malaise, je voudrais renvoyer ici à l'article paru dans le Monde Diplomatique de février 2000 sur "la déliquescence des Etats en Afrique". Que ce soit dans les réformes du FMI, dans l'aide publique au développement, ou dans les ONG, on ignore la cause du mauvais fonctionnement du pays et donc de la pauvreté qui le frappe : le dépérissement de l'Etat, le népotisme et la corruption généralisée. Le développement fait alors figure de tonneau des Danaïdes, pas toujours déplaisant à remplir.

La lutte est enfin celle d'initiatives locales :

Je voudrais en mentionner deux, que j'ai rencontrées.

La première c'est la création d'un site web de commerce électronique, pour vendre la production des artisans d'ici et des forgerons Touaregs. La production d'ici est tout à fait originale, mais manque de débouchés. Ecrivez à Abdou Sala si ce projet vous intéresse.

La deuxième, c'est la création d'une radio privée, Tambara FM, "la voix de la femme" : cette radio emploie une majorité de femmes et leur dédie la plupart de ses émissions, pour rendre compte de leur condition, les conseiller, les divertir et les éduquer.

Ce sont deux exemples parmi beaucoup d'autres. Mais ils me semblent révélateurs des espoirs que porte le Niger.