Il attend, adossé.

Il faut gravir les marches.
Encastrées, elles guident
Les pas sous l'effort.

Lui l'attend.

La lumière soutient une mystérieuse sensation.
Elle attend, tout comme lui.

Premier pas vers le sens.
Un faisceau se fraie.
Un inattendu souffle descend l'escalier.
Il se pose sur un visage.
Les yeux figés sur le réverbère.
Les mains caressées par les parois.

Il attend toujours.
Il faut gravir les marches.

Enserré dans la ville
Le sommet réserve une vague surprise.

La conquête du sens.
La poursuite de soi.
La nuit tombe.
Lui s'impatiente.
Et devient désirable.

Il finit par guider sa séduite.
Et l'imprègne de lui-même.
Elle s'oublie dans la crasse de l'étroitesse.
Et s'engouffre.

Alors elle devine les instants
Secrets de l'escalier.

Un vagabond qui pisse d'en haut,
L'urine qui glisse de marche en marche,
La puanteur.

La pluie qui se jette et fige la poussière.
La poussière qui colle sous les pas.

La noirceur et l'érosion
La vieillesse du passage
La couleur morte du sol
Les marches rondes parce qu' usées.
La belle unité du lieu,
Que l'on arpente vite.
Peur de tomber, inquiétant mi-chemin d'une vie.

La jeune femme est à l'orée de sa découverte.
Quel sens l'attend ?

 

Dernier pas vers lui.
Rapprochement,
Incrédulité.

Après l'instinct de la montée,
Après la lueur
Qui la happait vers le sommet,
Eblouissement, respiration pure,
Vent froid et agressif,
Bouche sèche et haletante.
Insipide.

Lui, le sens, a fui.

La jeune femme doit apprivoiser sa perdition.
Et construire son parcours de vie.

Le sens guide,
Se détermine,
Se surprend,
Mais reste le mirage d'une mort crainte.

Donner du sens à une vie...
Fuir sa finalité parfaite
Ecrite pourtant
Dès son premier pas.

 

La jeune femme croise du regard la ville Répandue dans le vide.

Et s'y jette...